mardi 19 janvier 2010

Melbourne - Tennis - Open d'Australie - La Coupe Davis en question

La Coupe Davis est un monument sacré auquel on ne touche pas. Oui mais voilà. Depuis la proposition d'hommes d'affaires australiens de monter une Coupe du monde par équipes, le débat s'est rouvert sur la pertinence de la Davis. Le format iconoclaste envisagé ne plait guère (tous les 2 ans sur 10 jours, un match gagnant au lieu de trois et introduction de changements de joueurs à chaque fin de set) mais il a le mérite d'ouvrir le débat.

Actuellement, on préserve la tradition certes mais à quel prix. Les meilleurs ne sont pas là ou par intermittence. Andy Roddick qui a déclaré forfait cette année ("soit on s'engage à jouer jusqu'à la finale, soit on vient pas") est intrigué par ce projet ("il conviendrait mieux à nos calendriers, ce qui serait un vrai plus. Dégager 10 jours tous les deux ans, c'est mieux que 10 jours quatre fois par saison").

Dans L'Equipe récemment, Roger Federer lui regrettait le choix des surfaces. "Le 1er tour est situé juste avant la tournée Indian Wells-Miami. Il m'est impossible de jouer sur terre battue le week end précédent." On notera que Serbie, Espagne, Belgique et Chili, soit la moitié du groupe mondial, ont délibérément choisi d'imposer l'ocre à leur adversaire. Pour décourager les meilleurs éléments du camp d'en face ? Obliger les matches à se jouer sur la surface correspondant à la saison, voilà peut-être une solution intelligente à creuser (1er tour : ciment ; 2e tour : terre battue ; demi-finale : ciment puis finale : indoor).

Melbourne - Tennis - Open d'Australie - Safina et TP, même combat

C'est un classique de l'interview en sport : j'ai nommé le tic de langage. Que ce soit lié à un excès de cours de communication ou à un manque, le résultat est toujours exaspérant. Chez le basketteur Tony Parker, ça a longtemps été "Tu vois ?". Un tic devenu tellement ridicule qu'il ponctuait chacune de ses phrases. Un tic que ses conseillers en com' ont enfin réussi à gommer. Chez Dinara Safina, son truc à elle c'est "You know". D'une interview avec elle, on ressort très savant. Ca c'est sûr. C'est gentil Dinara, mais, s'il te plait, prend ton portable et telephone à TP. Ca ne peut plus continuer, tu vois ?

Melbourne - Tennis - Open d'Australie - Sharapova l'arrogante

C'est la sensation de la première journée. Maria Sharapova éliminée d'entrée, elle qui avait pourtant quitté Flinders Park avec le trophée il y a deux ans. Mais cette défaite ne semble pas trop perturber la Russe. Elle n'a pas d'excuses, elle n'a pas mal au dos, elle s'est bien préparée, elle a bien servi et son jeu est en place. Bon ben... Maria, t'es à ton top et tu perds ? C'est tendu. Je dirais plutôt qu'elle manque d'envie. L'an passé, la femme qui sommeillait en Sharapova s'est éveillée et sa convalescence suite à son opération de l'épaule a duré, duré, duré. Le retour au tennis est difficile, ça se confirme. Or, chez elle, la remise en cause est inversement proportionnelle à sa beauté. Ne comptez surtout pas sur Sharapova pour changer une méthode qui perd. "Penser déjà à Paris ? Vous pouvez toujours rêver !", souffle-t-elle éberluée. Et puis quoi encore, s'entraîner sur terre battue, c'est salissant voyons.

Melbourne - Tennis - Open d'Australie - Y en a marre

La pluie, ça mouille. Si, si. La pluie des antipodes est chaude mais n'a rien perdu de son caractère aquatique. Les joueurs dérapent sur le court, les spectateurs sont frustrés, enfin moins qu'à Roland, car ici, on a prévu des espaces pour ne pas se mouiller. Mais aussi les arbitres. Oui, on ne pense jamais à ces bons arbitres qui se gèlent en haut de leur perchoir dévisageant amoureusement le superviseur pour qu'il décide de stopper la partie. Croisé au coucher du soleil, le Français Pascal Maria, l'un des ténors de la discipline, se "réjouissait" d'aller reprendre une petite douche. "J'en peux plus, j'en ai déjà pris quatre aujourd'hui", riait-il. Et oui, un sacerdoce on vous dit.

Melbourne - Tennis - Open d'Australie - Si, m'sieur, y'a du bruit !

L'Open d'Australie, j'en parlais récemment est résolument plus moderne que Roland Garros, moins ancré dans la tradition. Et au vu des palmarès tant en Grand Chelem qu'en Coupe Davis, la France serait malvenue d'expliquer qu'elle détient forcément la vérité. Ici, tout est bon à animer le stade. Mitoyen de la Rod Laver Arena (le Central), le Grand Slam Oval accueille animations et concerts gratuits, avec des vedettes locales. Autre idée pour booster l'ambiance, des hauts-parleurs. Les cris des spectateurs du Central sont ainsi répercutés dans les allées. Comme ça, on a toujours l'impression qu'ils crient très fort et qu'il se passe un truc de fou. Seul bémol, contrairement à Roland Garros, le stade ne fait pas le plein. Malgré les vacances.

Melbourne - Tennis - Open d'Australie - Non, il ne fait pas nuit

Une des particularités de l'Open d'Australie, ce sont les toits qui équipent les deux principaux courts : la Rod Laver Arena et la Hisense Arena. Ils sont fermés quand il pleut, comme hier mais surtout quand il fait trop chaud. Sinon, ça ne serait pas un investissement très rentable, ici dans le Victoria. L'ennui, c'est que quand ça ferme, ça fait noir. Alors on allume les projos. Ca fait fun, ça fait night session, ok. Mais quand il est midi comme hier lors du délicieux Kirilenko-Sharapova, ça fait surtout chelou. En le voyant à la télé, j'imagine que pas mal se sont fait prendre. Il ne faudrait pas que le bien se transforme en mal : un Grand Chelem ne doit pas être un tournoi indoor avec lumière artificielle.

Melbourne - Tennis - Open d'Australie - Douceur à l'australienne

Bon, je vais pas tourner autour du pot, le mois de janvier, c'est quand même plus cool en Australie. Même quand il pleut comme ce lundi, il fait doux. Melbourne est une ville verte, en pente avec un tram qui monte la colline, ce qui n'est pas sans rappeler San Francisco, enfin c'est ce que m'a dit mon amie Marlie, une Américaine. Le stade est posé au bord de la rivière Yarra, dans un havre de paix à peine troublé par les hurlements sauvages dans son mégaphone d'un entraîneur d'aviron agité.

Et la rigueur parfois caricaturale du tennis n'a pas droit de cité ici. Sur les courts annexes, pas de contrôleurs qui vous demandent d'attendre le changement de côté pour entrer. On jacte, on bouge, on s'amuse dans le respect des joueurs. Il y a bien une alternative au silence sénatorial du public de Roland Garros.

Et comme les Aussies (ça fait plus moderne, et puis comme je n'aime pas mon nouveau clavier, ça va plus vite), donc comme les Aussies ont compris que les sessions sans matches, c'est pas bon pour le business, ils ont une bonne recette : la night session. A Roland Garros, on en est encore à imaginer des toits. Ici, deux courts en sont équipés. Quant à certains autres, ils ont de puissants projecteurs pour que le plaisir dure plus longtemps. Et accessoirement pour limiter les effets de la pluie. Si on joue plus tard, il y a moins de matches à remettre au lendemain. C'est pas plus compliqué que ça.