jeudi 6 mai 2010

Gottingen - Basket - JDC, fallait pas l'énerver

Jean-Denys Choulet est un coach droit, sympathique et qui n'aime pas la langue de bois. Après une défaite, dans l'idéal, mieux vaut éviter de lui demander si mémé s'est piquée en tombant dans les orties. Ce qui a valu à un confrère allemand une belle remontée de bretelles.

- "Vous aviez l'air absent à la fin du 3e quart ? Vous ne parliez pas à vos joueurs ? Pourquoi ?" s'est-il hasardé, l'inconscient. Stupeur de JDC, d'autant que la question n'était pas spécialement pertinente. "Don't understand, don't understand", coupe Choulet. Mais notre ami barbu insiste, croyant naïvement que le polyglotte de la Loire est anglophobe.

Présent à côté de son coach, Dylan Page tente de traduire tandis que Choulet monte en température avant que la cocotte ne sonne brusquement puis n'explose. "Si j'ai rien dit, c'est que j'avais rien à dire. Fallait faire quoi ? Parler pendant des heures ? J'ai rien dit si j'ai envie de rien dire", conclut-il sèchement. Et toc. Au suivant. La meilleure arme contre les questions à la con restera toujours les réponses à la con. CQFD

dimanche 2 mai 2010

Gottingen - Basket - Kulawick, le croque-mort

Un jogging gris qui tombe sur ses jambes, on ne sait trop si c'est un genre ou bien parce que le survêtement est trop usé. Robert Kulawick vous regarde l'air las. Pourtant, il est l'un des principaux artisans de la qualif en finale de son équipe. Sa feuille de stats est médiocre (3/12), oui mais voilà, Kulawick sélectionne ses moments.

Il a marqué le 1er tir du match, avant de fermer le cercueil roannais de deux bons clous primés, les deux paniers qui permettent à un Gottingen en souffrance de prendre définitivement l'avantage. Entre temps, il avait signé un joli 0/9. L'art de choisir son heure. Kulawick vit une drôle d'aventure à Gottingen. Il est le seul Allemand sur 11 joueurs, en tout cas, le seul formé en Allemagne.

Avec ses 9 joueurs US, Gottingen dénote et ma foi, si l'on en juge aux réactions du public, plutôt en bien. La foule est déchaînée, le merchandising se vend comme des petites saucisses. A méditer sur la volonté française de faire appel à l'identité nationale pour mieux vendre le basket (5 étrangers au lieu de 6 la saison prochaine en Pro A). "On ne se bat pas avec les mêmes armes, regrettait coach Choulet. Je n'ai pas vu beaucoup d'Allemands ce soir." Grand sourire de son homologue John Patrick. Un petit rictus en revanche de Kulawick. C'est quand même pas de sa faute s'il est Allemand.

Gottingen - Basket - De l'art de pleurer

Le basket possède le paradoxe d'être un sport physique où le moindre contact irrégulier est sanctionné. Tout l'art de la défense réside dans la capacité à masquer ses fautes du regard des arbitres. Et plus le colosse est puissant, plus les roueries du plus faible sont vicieuses. Derrick Lewis, ancienne vedette de Pro A se vantait de chatouiller ou de tirer les poils de ses adversaires.

Pour les victimes, deux solutions. Pleurnicher pendant les fautes, ce qui culpabilise l'arbitre mais peut aussi l'énerver. Si l'a rien vu, c'est qu'il y a pas faute. Uche Nsonwu, le massif pivot de Roanne, utilise l'autre moyen. Il dénonce après coup, sur l'arrêt de jeu qui suit. Il décode pour des arbitres dont la culture basket se limite à la PS2, les vices de ses adversaires. Résultat, ça ne rate pas, régulièrement, soit l'adversaire s'arrête, soit il est sanctionné. Le genre de coup de sifflet que le public ne comprend pas, car la faute est difficile à voir. Sauf pour un arbitre auparavant briefé par l'ogre de Lagos.

Autres pleureuses, les arrières peu athlétiques. Mauvais défenseurs, ils utilisent leurs mains mal à propos sur chaque démarrage adverse. Puis se prennent la tête, scandalisés, au moindre coup de sifflet. Imaginez donc un basketteur italien... Taylor Rochestie, la vedette de Gottingen est de ce genre. "Je l'aime bien, c'est un fort attaquant, témoigne Jean-Denys Choulet, mais il fait faute à chaque fois." Au final, sans avoir défendu un dollar (ou un kopeck ou un euro, bref, sans rien avoir foutu), il finit le match avec seulement 4 fautes et le droit d'assassiner l'adversaire en attaque (27 points contre Roanne).

Gottingen - Basket - Roanne est passé si près

Ca n'a pas tenu à grand chose "Quatre minutes de plus et c'était bon, on les aurait fait douter assez pour ne pas leur laisser l'espoir de revenir", regrettait un dirigeant roannais. La Chorale menait pourtant de 20 points (15e). Se sentant pousser des ailes, plus agressifs, enfin libérés des problèmes de fautes, les joueurs de Gottingen ont répondu par un terrible 40-14, pour finir le 3e quart en tête (57-51).

Portés par leur star Taylor Rochestie, intenable qui cloua Roanne au buzzer d'une énième flèche primée, les Allemands semblaient alors intouchables. Au courage, Roanne en a remis une couche, s'est remis à driver, à fixer, à trouver de bons tirs extérieurs (Brower, Page). Mais au moment où l'on se prenait à rêver (61-66), les arbitres sifflèrent trois fautes offensives consécutives (dont deux fatales à Uche). Le début d'un long calvaire, un terrible 16-1 qui envoyait Gottingen en finale.

Gottingen - Final Four - Du foot ou du hand ? Non, du basket

Il y a quelque chose d'irréel dans la Lokhalle de Gottingen, au point qu'on n'est plus très sûr du sport auquel on assiste. En cause, les changements de joueurs. Ce ne sont plus Rochestie, Jordan, ou Little qui quittent le parquet mais plutot Cristiano Ronaldo, Messi ou Pauleta. Leurs noms sont scandés, acclamés, c'est dingue. Faudra prévenir les fans que c'est pas du foot, les joueurs peuvent revenir 30 secondes après.

De même, la tactique du coach de Gottingen, John Patrick, est intéressante. Il joue sur un turnover incessant pour utiliser au maximum la condition physique de ses joueurs. Ceux-ci peuvent tout donner car ils savent qu'ils seront remplacés dès qu'ils s'essouffleront. Ca nécessite bien sûr une grande solidarité et une grande confiance dans le partenaire mais ici, ça marche à merveille. Les joueurs sortent heureux, en courant, chose assez impensable dans un sport aussi individualiste que le basket. C'est comme au handball sauf qu'ici, le temps est arrêté et que courir ne sert à rien. Sinon insuffler un supplément d'âme au copain.

Gottingen - Basket - Noel et ses amis

Ce Final Four se déroule dans la bonne humeur et beaucoup sont venus en famille. Les Russes de Samara sont venus avec femmes et Zahias. D'autres ont opté pour les enfants comme Douthit (Samara) ou Uche (Roanne). Mais la star du week end, c'est David Noel.

Sa femme pour lui faire des câlins, des joueurs US de Gottingen pour parler du bon vieux temps en attendant la demi-finale, et les encouragements de l'équipe de Pesaro.

"J'ai joué avec lui quand on avait 13 ans, raconte pas peu fier Eric Williams, le pivot américain à son équipe. Il est fort, hein." Avant d'ajouter fanfaron pour impressionner son monde que son pote Noel "a joué aux Bucks, en NBA."

Williams ayant un air de famille avec Schortsanitis, l'éléphant grec, ses coéquipiers ont acquiescé et l'ont suivi dans son choix. Bref, y a bien que Jean-Denys Choulet qui était un tout petit peu déçu de Noel vendredi soir.

Gottingen - Basket - Un virus nommé Diabète

On le sait bien, nous Français avons du mal avec les langues étrangères. Alors, c'est toujours non sans une certaine jubilation que nous observons nos voisins supposés prodiges buter sur le gaulois. Le speaker allemand éprouve ainsi les plus grandes peines avec Pa-pe Phillip - Am - ag - ooo et Solo Diabaté.

Pourtant, Diabaté, c'est pas compliqué. Oui mais voilà, il été rebaptisé Mouloukou Diabete (sic) sur le tableau de marque. Et là... Trop de pression défensive doit être dangereuse pour la santé je suppose. Un calvaire pour ce pauvre speaker qui aurait préféré un Solo, c'est sur.