lundi 30 août 2010

Istanbul - Basket - L'éveil de la Chine

C'est l'une des bonnes surprises de ce Mondial pour le moment. Les Chinois aiment le basket et ça se ressent de plus en plus sur leurs résultats. Même privés de leur star Yao Ming, on retrouve désormais une équipe tout à fait crédible, douée, autour de son joueur NBA, Yi Jianlian (photo), très dominant et déterminé. Sun Yue, éphémère membre des Lakers et le légendaire (pour son nom) Wang Zhi-Zhi (prononcez zou-zou bien sûr !) sont de fidèles appuis. Les Chinois apprennent vite.

Samedi, ils ont frôlé l'exploit face aux Grecs (81-89) avec un Yi inarrêtable (26 pts, 14 rbds). Dimanche, ils ont largement dominé la Côte d'Ivoire (83-73) et Yi a remis ça (26 pts) bien soutenu par Wang Shipeng, totalement méconnu (25 points). A tort.

Les Chinois apprennent beaucoup de ce qui marche dans tous les domaines. En basket, ils se sont gavés de basket américain, très populaire chez eux et leur coach actuel est d'ailleurs US. Ils ont donc logiquement reproduit les fameux « bumps », ces sauts torse contre torse pour se féliciter lors d'une action d'éclat. Comme ils l'ont vu sur les videos. Ca a l'air de les amuser beaucoup car ils le font tout le temps. Avec leurs coupes de cheveux particulières, euh chinoises, les voir imiter les Noirs américains est plutôt loufoque. Mais c'est sympa.

Istanbul - Basket - Et sinon, on mange quoi ?

La salle de presse de l'Abdi Ipekçi se situe au sous-sol ou disons au niveau du sol, la salle étant surélevée. Plutôt vaste, bien fraîche, c'est bien. Et la bouffe ? Première chose qu'on regarde évidemment. Rien à gauche. Ah, un frigo à droite ! Au fond.

Première mauvaise surprise, y a que de l'eau. Non, on plaisante. Deuxième frigo près du bureau des réclamations. Et ben, rien de plus hormis jus d'orange en brique. Ah, si. Du jus d'abricot. Ce sera donc des boissons peu sucrées pour cette première semaine. Pour manger gras, un resto payant avec de mini kebabs, c'est la mode ici. Plus de pain que de viande. Ramadan ou pas, la foule s'y presse. En même temps, il y a surtout des Slovènes.

Bref, de l'eau à boire et rien à manger. Au bout de quelques heures, ça s'améliore un peu, on nous livre une cargaison de biscuits Ulker. A défaut d'être bon, ça remplit le ventre et c'est gratuit. Ulker, c'est la grande biscuiterie locale. Le LU turc, quoi. Ils sponsorisent depuis toujours un des deux grands clubs d'Istanbul, associé depuis peu avec le Fenerbahce adoré de nos amis marseillais.

Istanbul - Basket - Quand Brezec pète son câble

Notre grand ami Primoz Brezec n'a pas tardé à se faire remarquer lors de ce Mondial. Match inaugural à Istanbul face à la Tunisie. Victoire facile des Slovènes (80-56) avec un Brezec qui, d'ailleurs, il faut le reconnaître, a enfin quitté sa torpeur éternelle. Lui, ce pivot NBA qui ne joue jamais mais qui semble toujours endormi sur le terrain. S'il y a une gaffe, c'est toujours pour lui.

Et bien il a changé. Plus vif, plus combattant, moins résigné. Un peu trop d'un coup, ça a du lui monter au cerveau. Résultat, dès la première salve de changements, alors qu'il retourne s'asseoir sur le banc en compagnie de Jaka Lakovic, la star de Barcelone, il se fâche tout rouge, hurlant sur le pauvre Lakovic pendant une bonne trentaine de secondes. Zupan le frisé (je vous en reparlerai) tente de s'interposer puis se ravise. Presque 2,15 m quand même en face. Il faut l'intervention du vétéran Jagodnik pour qu'il se calme et arrête de crier sur... son capitaine.

Istanbul - Basket - I FEEL LOVE

Bienvenue à Istanbul sur Ljubljana. Les rues sont vertes, la salle est verte, tout est vert dans la salle Abdi Ipekçi. Enfin, les sièges sont rouges mais les petits hommes verts venus de Slovénie ont tout envahi. Vous cherchez votre chemin ? Suivez la foule. Toujours présents derrière leur équipe, ils sont venus naturellement ici en Turquie. Avec ce charmant slogan sur les épaules, I FEEL S – LOVE – NIA. De loin, on ne voit qu'I FEEL LOVE. Excellent rendu.

Pour le son, les oreilles des joueurs américains s'en souviennent, ils leur ont offert un accueil chaleureux. Et pendant les matches, ils n'ont pas besoin de grand chose pour se réveiller. Un ou deux paniers suffisent. "On est allés jouer en Espagne et en Grèce avant le Mondial pour préparer nos joueurs à ces ambiances hostiles, témoigne Mike Krzyzewski, le coach US. Même, si, soyons honnêtes, ils ont déjà vu bien pire."

Istanbul - Basket - Par ici la monnaie

On sait les peuples de l'Est chahuteurs dans les tribunes. Alors, pour éviter tout scandale lors de ce Mondial, les organisateurs ont pris des mesures de sécurité totalement disproportionnées. Après les vuvuzelas qu'ils ont interdites (une chose indispensable en salle, mais la mesure est un peu abrupte), ils ont installé aux entrées d'impitoyables détecteurs de métaux que ne renieraient pas les aéroports américains.

Pour leur plus grande colère, les spectateurs sont dépouillés de leurs objets, susceptibles d'être dangereux. Piles par exemple ou pire, de leurs pièces de monnaie. J'ai par exemple dû faire cadeau de 3 euros et 4 livres turques aux organisateurs. Enfin, plutôt les glisser dans une urne au profit d'une association humanitaire qui peut se frotter les mains d'avance. Jackpot. Par grande bonté, il nous est permis de conserver nos clés. Trop aimable.

Istanbul - Basket - RATP mon amour

Accéder à la salle Abdi Ipekçi qui accueille tous les grands matches de basket turc depuis des années est plus que compliqué. Les Turcs n'ont pas encore intégré complètement la logique des transports en commun. Istanbul s'avère une ville entre deux eaux. Convenablement équipée pour une part et encore abandonnée aux taxis clandestins (qui n'en sont pas) de l'autre.

Imaginez qu'une salle de 11 000 places se vide, sans bus (ou presque) ni metro (à moins de 30 minutes) et avec seuls moyens de locomotion, taxis et donc fourgonnettes collectives qui ramenent à moindre coût vers le site de Topkapi où l'on peut rejoindre le métro. D'ailleurs, c'est le retour qui est compliqué car à l'aller, les bus fonctionnent très bien, quoique peu nombreux. Etonnant quand même que ni tram ni métro ne desservent cette longue et large avenue qui relie Topkapi au front de mer et à la Kennedy Caddesi où les hôtels pullulent.

Istanbul - Basket - Lost in the city

Istanbul est une ville charmante au demeurant. Rues (Caddesi), ruelles (sokagi) étroites se mêlent et s'emmêlent. Les maisons sont très proches les unes des autres, afin de créer de l'ombre. Les grands boulevards sont à éviter. Et attention à ne pas se perdre dans le dédale des rues. Les gens traversent à l'arrache (quel bonheur), les voitures klaxonnent pour prévenir qu'elles existent, c'est gai.

Un bémol : mieux vaut connaître. Près du métro Aksaray, terminus de la ligne venant de l'aéroport, au moins une rue sur deux n'est pas indiquée. Du moins son nom. Pour se repérer, c'est pas évident. Plus facile de trouver le chemin du Mondial. Sur chaque arrêt de bus, des publicités à la gloire de l'épreuve et de ses sponsors, le très « basketophile » Turkish Airlines par exemple.

Dès l'an prochain, la compagnie aérienne deviendra le sponsor de l'Euroligue masculine. Connexion catalane peut-être (le siège de l'Euroligue est à Barcelone), elle est déjà celui du FC Barcelone. A l'aéroport d'Istanbul, vous êtes en effet accueillis par un avion repeint aux couleurs (aparté perso - horribles) du Barça et de son (idem - affreux) logo « Mes que un club ».

Imaginez Air France aux couleurs du Real Madrid, vous comprendrez l'amour du sport ici. Chez nous, ce serait la honte de sponsoriser un sport de pauvres.