samedi 12 septembre 2009

Bydgoszcz - Eurobasket (2e tour) - ITW Vincent Collet

Vous avez pratiquement tout réussi. Avez-vous une seule raison de faire la moue ?
Non, non, bien sûr. Bon, la 2e mi-temps on a moins bien joué mais c'était normal de ralentir. On a fait une grosse 1ère mi-temps pour plusieurs raisons. La première, elle nous revient, c'est qu'on est entrés dans le match avec beaucoup d'agressivité, on savait que contre ça, les Macédoniens souffraient. Les Grecs l'avaient montré aussi lors de leur match. Par contre, on savait que lorsque l'adversaire les laissait jouer leur jeu, ils pouvaient être très bons. 48-34 pour eux contre la Croatie avant-hier soir. Il fallait absolument entrer dans le match avec agressivité. Il se trouve qu'en plus, on a été servis par une adresse hors norme donc l'écart s'est creusé rapidement. Mais c'est vrai que les joueurs ont fourni beaucoup d'efforts dans la discipline. La 1ère mi-temps a vraiment été riche au niveau offensif : il faut continuer. Maintenant, il faut se rendre compte que la Macédoine, c'est une équipe qui ne touche pas, qui ne conteste pas les déplacements, et là on va jouer contre une équipe qui les conteste un peu plus, la Croatie et une autre énormément : la Grèce. On va monter de catégorie. Ce qui est bien, c'est qu'on est déjà qualifiés. On sait que si on s'impose dimanche soir, on sera dans les deux premiers, ce qui est mon objectif maintenant

C'est du luxe d'être déjà qualifiés au bout de quatre matches
Oui, oui. On l'a dit dès mercredi, il fallait battre la Macédoine. Ce qui me fait plaisir, c'est qu'on a été sérieux quatre fois. L'Allemagne, on a eu un début difficile mais on s'aperçoit de plus en plus que l'Allemagne est une très bonne équipe. Contre la Lettonie, on a été mauvais en attaque mais on a été remarquables dans l'attitude défensive dès le début du match. La même chose contre les Russes avec plus de réussite en attaque et ce soir, on a encore été sérieux, on ne s'est pas relâchés. J'espère que dimanche, ce sera pareil et qu'on arrivera avec la grinta pour remplir notre prochain objectif, à savoir gagner contre les Croates pour jouer déjà une petite finale de tournoi contre les Grecs mardi soir et puis surtout se ménager un quart de finale le jeudi à Katowice.

Le cinq majeur que vous alignez ne doit donc pas s'attendre à être ménagé
Ce soir, ils ont pris un peu de repos quand même. On a partagé beaucoup le temps de jeu. Vous savez, il y a peu d'entrainements dans les compétitions comme celle-là . Je crois qu'il faut garder le rythme. C'est des joueurs qui sont habitués à jouer. Après on verra pendant les matches mais de toute façon on joue pour gagner. Je ne crois pas du tout à vouloir sacrifier un match. Ce qu'on sait maintenant, c'est que le match le plus important sera le quart. Le fait de gagner ou de perdre les prochains ne va rien changer. Faut pas du tout jouer pour perdre et profiter au contraire de ces matches pour progresser encore.

Et vous êtes toujours invaincus
Oui mais ce n'est pas une obsession, faut pas perdre de vue le plus important : le quart de finale. Mais après il y a des objectifs intermédiaires : progresser, finir dans les deux premiers pour jouer le quart jeudi (contre un adversaire qui aura joué mercredi, donc avec un jour de récupération de moins) et si possible, gagner les deux derniers matches. On va jouer des clients. Ce soir, on a vu des progrès en attaque mais contre une équipe qui touche pas, qui vous laisse dérouler vos systèmes. C'est déjà bien d'avoir réussi à le faire, en plus on a été adroits. Mais, malgré tout, c'est complètement différent quand vous êtes contestés et ça va être le cas pas mal contre la Croatie et énormément contre la Grèce. Une adversité à laquelle on a déjà été confrontés contre l'Allemagne et la Russie. On vérifie que c'est très compétitif. Le match des Allemands contre les Grecs ce soir montre qu'il n'y a pas autant d'écart que vous supposiez. Hormis ce soir, où c'est l'équipe la plus faible qu'on affrontée, de très loin, notamment en termes d'intensité, toutes les autres, ce sont de bonnes équipes. La Croatie a perdu contre la Russie, mais la Russie aurait pu nous battre. Elle va nous poser des problèmes, à nous de nous battre et d'être à fond et trouver une solution pour s'imposer.

jeudi 10 septembre 2009

Gdansk - Euro Basket 2009 (1er tour) - ITW Tony Parker, un meneur "fatigué"

Tony, que retenez-vous de cette victoire contre la Russie ?
Le principal c'est qu'on ait gagné. Diaw a fait un gros match, surtout dans le quatrième quart-temps, il a été agressif, c'est ce qu'on voulait. Turiaf est bien revenu après un petit match hier (mardi) où il avait des problèmes de fautes et comme moi, il n'a pas été chanceux avec les arbitres, on lui a bien cassé les bras. Mais c'est comme ça... On a encore montré du caractère. On s'est battus, on a essayé de rester dans le match et à la fin, on a mis les paniers qu'il fallait. On a réussi les stops défensifs au bon moment. C'est notre match le plus abouti. Le coach est content, la balle a bien bougé, 16 passes décisives, tout le monde a pu scorer et c'est comme ça qu'il faut jouer.

Sentez-vous que vous montez en puissance ?
Oui, c'est vrai. Mes jambes reviennent un peu, celles de Boris aussi. C'est vrai qu'on a mis un peu plus de rythme aujourd'hui et il le fallait. Avec les Russes, c'est toujours du demi-terrain en attaque contre eux et ils sont costauds, ils sont lourds et en plus on n'avait pas les coups de sifflets. On a beaucoup utilisé le pick and roll, très efficace ce soir et le post up de Diaw aussi

Dans le troisième quart, vous prenez vos responsabilités...
On était menés de dix points, donc je me suis dit que c'était un bon moment pour remonter un peu au score. Et au quatrième, Diaw a assuré. En plus, j'étais fatigué, je commençais à avoir des crampes, c'était compliqué. J'ai bien parlé avec le coach, je connais mon rôle. Il veut vraiment que je sois patient en première mi-temps. Quand j'ai des petits trucs, j'attaque et après, en seconde période, dès que l'équipe a besoin, je dois être agressif et ce que j'essaie de faire. Mon rôle, c'est quand il reste cinq secondes, essayer de créer et le reste du temps, Diaw, De Colo et Turiaf essaient de faire le boulot, de mettre des paniers à l'intérieur. Et je crois que c'est important. Ce soir on en a mis pas mal alors que ça a toujours été un peu notre défaut. Là, Ronny met 18 points, Traoré apporte aussi, Koffi touche la balle et en défense, on a toujours répondu présent.

Turiaf, justement, réussit un double-double (18 pts, 14 rbds) !

C'est sûr. C'était important qu'il revienne parce qu'il a fait un petit match hier avec son problème de fautes. Traoré avait pris le relais. Aujourd'hui, il a fait un gros match.

Comment voyez-vous la suite ?
Je ne veux surtout pas qu'on s'enflamme. On a encore un long chemin. C'est bien qu'on gagne les trois matches pour plusieurs raisons. Déjà parce que là, on joue la Macédoine et on peut se qualifier dès vendredi et dans ce cas, de finir dans les deux premiers donc c'est positif. Il faut continuer. On sait très bien que nous, l'équipe de France, on a des hauts et des bas, on est irréguliers et là on a prouvé qu'on était réguliers sur les trois premiers matches. C'est un bon premier pas.

Le niveau du deuxième tour sera-t-il supérieur ?
Je ne crois pas. Dans un Euro, il n'y a que des gros matches. L'Allemagne et la Russie sont de bonnes équipes. Ce n'est pas parce que les stars sont absentes qu'ils sont faibles. Ce ne sont que de bons joueurs, qui jouent en Euroligue qui voulaient prouver qu'ils existaient sans Nowitzki ou Kirilenko. Pour la suite, la Macédoine a été très forte contre Israël et tout le monde sait qu'Israël c'est fort. Il ne faut surtout pas les sous-estimer. Après, les Grecs et les Croates, ce sont des gros. Les Croates nous ont mis une bonne taule en 2007 donc c'est nous qui sommes revanchards

Pour finir, un mot sur un arbitrage qui ne vous a pas épargné...

C'est vrai, l'arbitrage était un peu difficile, je vais m'arrêter là sinon je vais commencer à m'énerver. Il faut que je reste zen parce que ça fait plusieurs Championnat d'Europe et c'est toujours comme ça. Je ne sais pas pourquoi, je ne suis pas Navarro. Mais bon... Pourtant, je réussis les mêmes pénétrations mais on a pas les fautes qui vont avec. Inconsciemment, je pense qu'ils nous font payer notre statut NBA. Ça se voit au fil des années, je ne suis pas fou quand même. On le sait de toute façon, il ne faut pas se laisser perturber.

Gdansk - Euro Basket 2009 (1er tour) - Pourquoi Antoine Diot n'a pas joué contre la Russie ?

« Antoine a pris une bonne béquille hier, et comme on était bien, j’ai préféré lui donner une journée de plus pour qu’il soit au top vendredi », a déclaré Vincent Collet. Il faut noter que pour l'instant, contrairement à son homologue Pierre Vincent lors de l'Euro féminin, il y a très peu de turnover. Boris Diaw a ainsi joué 39 minutes hier. Collet avoue qu'il « a réfléchi au problème. » Une victoire contre la Macédoine ce vendredi et le billet pour les quarts qui en découlerait lui donnerait sans doute l'occasion d'ouvrir son banc pour la suite du 2e tour.

Gdansk - Euro Basket 2009 (1er tour) - L'armée lettone est partie

Ils remplissaient quasiment l'intégralité de la salle de Gdansk, les organisateurs de l'Euro les regretteront. Eux, ce sont les fans lettons bien sûr. A Gdansk, on n'a vu qu'eux. Dans les rues, dans les bars. Et bien sur, dans la Hala Olivia. Durant trois jours, ils ont animé le hangar, euh la salle, bruyamment et sans mauvais esprit. Le kop d'un côté, le reste de la troupe en face. Difficile pour la cinquantaine de Français, les quelques Russes et la petite centaine d'Allemands de faire le poids. Malgré ce soutien, ce quasi Euro « à domicile », leurs joueurs ne les ont pas gâtés. Deux défaites horribles face à la Russie puis la France pour commencer les ont condamné à battre l'Allemagne d'au moins 9 points pour se qualifier. A 15 secondes de la fin, ils menaient encore de 11 points avant de s'effondrer sur la ligne et de succomber à un coup de chaud du grand blond Jagla (5 points à la suite). Pas de quoi désespérer l'armée rouge qui attendait chaleureusement ses « héros » à la sortie avant de reprendre le bus direction Riga. Gageons que les 8 heures de car ont été arrosées comme il se doit.

Gdansk - Euro Basket 2009 - Russie-France (1er tour) - Quand les Russes refont l'histoire !

Borodino 1812, Waterloo 1815, Gdansk 2009. La banderole qui a fleuri en fin de première mi-temps n'a pas manqué d'intriguer. Waterloo ok, une taule. Gdansk mouais, pourquoi pas, un peu de provoc. Mais Borodino, kézako ? Après enquête, la bataille de Borodino, selon les Russes, de la Moskova selon les Français, est un haut lieu de la résistance russe à Napoléon. Lassé de la politique de la terre brûlée, le tsar aurait décidé de livrer bataille loin de Moscou. L'ennui, c'est que les deux camps revendiquent la victoire. Un peu comme hier, ce fut très serré mais pour les historiens, c'est Napoléon qui l'a emporté d'une tête. Un peu comme l'armée de TP dans la Hala Olivia ! La comparaison n'a en tout cas pas porté chance aux champions d'Europe qui aborderont la deuxième phase à Bydgoszcz avec aucun point.

mercredi 9 septembre 2009

Gdansk - Euro Basket 2009 - Lettonie-France (1er tour) - ITW Vincent Collet

Vincent, qu'avez-vous pensé de ce match ?
C'était compliqué comme hier face à l'Allemagne mais très différent pourtant. Hier, on n'avait pas attaqué la rencontre sur nos qualités. Aujourd'hui, j'étais déçu pour mes joueurs car ils ont respecté le plan de jeu à la lettre mais on était dans une panne d'adresse rarement vue. C'est devenu compliqué à partir de la 15e minute, là, on a commencé à refuser des shoots, à changer de jeu, et on a vécu 5 minutes difficiles jusqu'à la mi-temps. Dans les vestiaires, je leur ai dit de rien changer, de mettre de la vitesse.

Comment expliquer cette maladresse ?
Ils avaient peut-être trop envie de bien faire. Ils voulaient franchir un palier au niveau de l'engagement, ce qui a été fait, mais se sont sans doute mis un peu de pression. Ils ont parfois été trop collectifs avec des passes malvenues alors que le shoot était ouvert

Que retenez-vous de positif ?
Ce soir, on a fait ce qu'il fallait en défense. Il y a eu beaucoup d'investissement des joueurs, c'est très bien sur le plan moral. Des joueurs comme Traoré et De Colo ont haussé leur niveau défensif. Et puis Florent Pietrus a donné son corps à la patrie sur Kambala. Exceptionnel. Avec la réussite qui nous fuyait, il y a peu d'équipes qui auraient pu rester dans le match en première mi-temps. Maintenant, j'attends qu'en attaque, on fasse la même chose mais avec plus de réussite aux tirs

Vous avez associé Boris Diaw et Florent Pietrus dans une raquette de petite taille. Pourquoi ?

D'abord, c'était pour remédier au problème de fautes (3 pour Turiaf, 4 pour Traoré), je l'avoue. Ensuite, j'ai vu que cette configuration gênait beaucoup les Lettons qui ne pouvaient plus aligner leurs deux grands sous peine d'obliger Kambala à défendre sur Boris, ce qui était juste impossible pour lui. Et puis Florent a été féroce comme un lion. Ali Traoré, a aussi eu un gros impact avec en plus des efforts défensifs. En première mi-temps, il sauve la baraque (11 des 16 points de l'équipe de France).

Vous êtes qualifiés pour le second tour. Comment voyez-vous la suite ?

Le match contre la Russie demain est très important. Avec une victoire, on ferait un pas en direction des quarts (les résultats de la première phase comptent pendant la seconde). Attention, les Russes ont perdu aujourd'hui mais je les ai sentis très suffisants dans leur entame de match. Ca reste le plus gros match de la poule. On attend une réaction de leur part

Gdansk - Euro Basket 2009 - 1er tour - En bref après France-Lettonie

Ian Mahinmi de retour
Seul Français à ne pas avoir foulé le parquet contre la Lettonie mardi (60-51) malgré les problèmes de fautes de Turiaf et Traoré, le pivot des San Antonio Spurs serait légèrement blessé. Rien de grave toutefois selon Vincent Collet qui affirme que Mahinmi sera opérationnel tout à l'heure contre la Russie

Les insomnies de Traoré
Le stress d'un premier Euro, l'excitation, en tout cas Ali Traoré a du mal à s'endormir en ce début d'Euro. Premier en cause, le matelas de son lit, « trop mou », qu'il a préféré enlever. Le sommeil n'étant toujours pas au rendez-vous, le pivot de l'Asvel a opté pour une solution plus radicale. Il a pris un bouquin puis est descendu s'installer à la réception, tranquillement. Après avoir négocié une lampe avec un réceptionniste qui parlait les langues étrangères à peine mieux qu'un Douste-Blazy, il a veillé jusqu'à 4 heures. Tout ça juste avant de jouer la Lettonie. Au vu de sa prestation (12 points en 10 minutes), il faut croire que la méthode paye.

La stat qui tue
Entre la 25e et la 30e minute, les Bleus ont marqué plus de points (18 contre 16) que durant toute la première mi-temps. En cause, la rafale de 3 points venue du corner babord et signée Diaw-De Colo. Le plus dur était fait.