lundi 25 janvier 2010

Melbourne - Tennis - Open d'Australie - Quand la Chine s'éveille

C'était l'été 2004, à Athènes. Nous étions jeunes, il faisait beau. Li Ting et Sun Tiantian étaient sacrées championnes olympiques du double féminin à la surprise générale. Totalement inconnues, elles symbolisaient l'irruption de la Chine au plus haut niveau mondial. Formatées pour le double, elles en restèrent là mais ouvrirent la voie à toute une génération de joueuses. Peng Shuai, Li Na et Zheng Jie en sont les symboles aujourd'hui et les deux dernières citées se sont qualifiées pour les quarts de finale. Un résultat absolument historique. Certes, Zheng n'est pas une inconnue. Elle avait bien atteint les demi-finales de Wimbledon il y a deux ans. Certes, Li est 17e mondiale. Mais les voir toutes deux au sommet constitue un tournant pour le tennis chinois.

Zheng et Li ne sont pas pour autant des clones et ça rend la performance encore plus impressionnante. Alors que Zheng est un produit de la Fédération, Li a, elle, obtenu son indépendance et voyage avec son mari qui est aussi son entraîneur. Une "liberté" qui ne la toutefois pas plus loquace que ses compatriotes.

- Pourquoi avez-vous gagné ?
Peut être parce que je mange de la nourriture chinoise !
- Jouez-vous le meilleur tennis de votre vie ?
J'espère que non. Je veux aller plus haut, je vise le Top 10.
- Pourquoi les Chinoises deviennent si fortes ?
Parce qu'on travaille dur. Et les hommes arrivent. Vous allez voir, d'ici trois ou quatre ans...

Melbourne - Tennis - Open d'Australie - Venus, une droitière, vraiment ?

En légère difficulté dans le 2e set de son match face à Dellacqua, Venus Williams avait pointé du doigt sa lassitude de jouer "contre des gauchères. C'est assez rare et là, c'est la 3e fois de suite dans ce tournoi. C'est difficile." Lundi, son 1/8e de finale exauçait ses voeux, elle affrontait la droitière Schiavone. Pas sûr que Venus n'ait pas regretté les gauchères, car l'Italienne lui a causé une belle frayeur en prenant le 1er set (6-3). Le début de 2e manche a également été assez accroché avant que l'aînée des Williams ne fasse la différence (6-2, 6-1). Au prochain tour, pour ne pas la contrarier, toujours une droitière, la Chinoise Na Li. Avant peut-être de retrouver sa soeur en demies.

Melbourne - Tennis - Open d'Australie - Hénin, reine des Belges

"Aux armes... Nous sommes les petits Belges... et nous allons gagner !" La Rod Laver Arena a résonné de l'humour belge dimanche soir. Oui, le choc entre Hénin et Wickmayer ne pouvait accoucher que d'une victoire belge. Hénin, la revenante et son toucher exceptionnel a finalement dominé (7-6, 1-6, 6-3) Yanina Wickmayer la valeur montante. Un match superbe, intense qui installe définitivement la jeune Flamande dans le gotha mondial. Retour sur le match.

- Wickmayer a voulu s'entraîner avec Carlos Rodriguez, le coach d'Hénin, pendant la retraite de celle-ci. Ca s'est très mal passé et ils se sont séparés après quelques mois. Elle s'entraine depuis le début de l'année avec le Français Patrick Mouratoglou. Comme Aravane Rezai.

- Très grande (1,83 m), Wickmayer rappelle par son délicat jeu de jambes et sa frappe précise Maria Sharapova, le côté diva en moins. L'allure est élégante, la frappe précise. Sa pratique du double lui a aussi permis de développer un jeu au filet intéressant et rare dans le tennis féminin.

- Symboliquement, le public présent (y compris belge) a plutôt pris partie pour Yanina Wickmayer. Hénin a beau afficher un niveau de jeu exceptionnel, elle n'arrive décidément pas à faire recette. Elle est admirée, pas aimée. Sans doute son air "coincé". C'est injuste, car, tant mentalement que techniquement, la Wallonne développe un tennis merveilleux, plein de variations.

- Mentalement, Hénin est au top. A la rue contre Kleybanova au 3e tour, elle saisit sa 1ère occasion de break pour renverser le match. Contre Wickmayer, elle sauve plusieurs balles de set à 5-6 sans trembler puis maîtrise le tie break avec une rare maestria. Elle finit sur 4 points gagnants. Un panache sans égal. Sur les courts bleus de Melbourne Park, Justine est comme un poisson dans l'eau.

- Et vive le hawk eye. Sur une balle de set Wickmayer à 5-6 dans la 1ère manche, l'arbitre de chaise a incompréhensiblement overrulé un service de Hénin out d'une bonne vingtaine de centimètres. Un tel loupé à ce moment du match aurait pu avoir des conséquences désastreuses, il n'en a rien été grâce à la video. Et Hénin a sauvé cette balle de set avec brio "à la régulière" quelques secondes après.

- Justine Hénin fait le bonheur des ramasseurs de balle. Avec elle, pas besoin de tendre le bras indéfiniment, elle ne prend systématiquement qu'une balle. Comme quoi, il n'est pas nécessaire de prendre quatre balles systématiquement pour être une championne.

- Même les oiseaux sont admiratifs d'Hénin. Juste avant la balle de match, un vol de mouettes a fendu le ciel de la Rod Laver Arena en piaillant. L'écho du public célébrant la victoire d'Hénin leur a répondu quelques secondes après.

Melbourne - Tennis - Open d'Australie - Et si Federer avait été Australien...

C'est un doux rêve de la presse locale. Et si Federer avait été Australien ? Le Suisse a admis samedi que ça aurait pu arriver. "Quand j'avais 12 ans, mon père a eu l'opportunité de venir travailler ici et mes parents ont longuement hésité. Ils nous ont demandé notre avis mais finalement, on avait tous nos amis en Suisse, alors on est restés. On est venus en vacances ici, Cairns, Sydney. Un beau voyage mais ça s'est arrêté là." On lui a alors proposé de profiter de la fête nationale demain, pour demander la citoyenneté aussie. "Je crois que je serais plutôt sud-africain si je devais changer de pays", a répondu Federer amusé, en allusion au pays natal de sa mère.

Melbourne - Tennis - Open d'Australie - On ne reconnait plus Petrova

Sa victoire express contre Kim Clijsters (6-0, 6-1) a remis Nadia Petrova sur le devant de la scène de manière éclatante. Et pour les sceptiques qui dénigraient sa performance, elle a enchaîné dimanche avec le scalp de Svetlana Kuznetsova (6-3, 3-6, 6-1). Rien de moins que les tenantes du titre de Roland Garros et de l'US Open. Surprises par ce come back, ses rivales ont du mal à admettre la leçon. "Je ne sais pas ce qui s'est passé, je n'avais aucune puissance", s'est étonnée Clijsters. "Je n'ai pas bien joué, j'ai fait trop d'erreurs. Petrova mérite sa victoire mais ni moi ni Kim n'étions à notre meilleur niveau", s'est lamentée Kuznetsova. Pas très sympa.

Pourtant, Petrova est transfigurée depuis le début de la quinzaine. "Je suis plus fine que jamais, admet-elle. Je me suis préparée très dur pendant six semaines. C'est très important car, peu importe la durée du match, je sais que j'aurais toujours du jus." Physiquement prête, elle a également travaillé son mental. "J'étais trop perfectionniste, je voulais que tout soit parfait. J'ai appris à relativiser la défaite et à rester toujours très motivée. Ce n'est qu'un jeu. Ce n'est pas la fin du monde que de perdre." En quarts de finale, elle pourra tester sa nouvelle philosophie sur une proie de premier ordre, Justine Hénin, qui l'a battue difficilement à Brisbane au début du mois.

dimanche 24 janvier 2010

Melbourne - Tennis - Open d'Australie - Les Sisters et Prince William

C'est l'un des évènements de la semaine en Australie : la visite du Prince William d'Angleterre. Eh oui, pour ceux qui ne le savent pas, l'Australie est toujours sous la coupe du Commonwealth, autrement dit du royaume d'Angleterre. Ils ont d'ailleurs voté récemment (lors de la dernière décennie) pour que ça se poursuive à l'avenir. Et bien sûr, William est venu rendre visite aux joueurs et joueuses de l'Open d'Australie.

Si Roger Federer a préféré rester secret sur leur conversation, les soeurs Williams, pipelettes invétérées surtout quand il ne s'agit pas de parler tennis, ont leur opinion. Venus n'a pas pu l'approcher, ce qui l'a quelque peu déçue. Serena qui lui a parlé en revanche, n'a pas été très impressionnée. Mais qui vous fait de l'effet alors, lui demande-t-on ? "Oh, Leonardo Di Caprio bien sûr ! Je l'ai vu au moins sept fois et à chaque fois, oooooooooooohhhh (elle singe des yeux écarquillés de désir) (rires). Ah, et puis sinon, pour parler tennis, elles ont hâché en petits morceaux les Tchèques Hlavackova/Hradecka (6-3, 6-2) pour se qualifier en quarts de finale du double, épreuve qu'elles ont déjà remporté trois fois.

Melbourne - Tennis - Open d'Australie - Evitez le risotto aux asperges

Dinara Safina nous confiait apprendre à cuisiner pendant son temps libre, notamment sa spécialité le risotto aux asperges. Mal lui en a pris. La Poulidor de la WTA a abandonné lors du 1er set de son 1/8e de finale dimanche contre Maria Kirilenko. Rapport de cause à effet ? L'enquête a été confiée au juge Burgaud. Plus sérieusement, Kirilenko, victorieuse de ses aînées Sharapova et Safina, jouera un match d'underdogs contre la Chinoise Zheng Jie pour une place en demi-finale.